On me demande de coucher sur papier l’itinéraire que je compte prendre ainsi que le nombre de jours que j’estime pour chacune des étapes. Je trouve ça inutile puisque j’ai déjà en ma possession toutes les cartes nécessaires, guides et horaires de transports. M’enfin, s’il faut vraiment tout coucher dans ce cahier, pourquoi pas!
Tout d’abord, j’ai commencé par me renseigner sur les anciennes routes utilisées par les pèlerins du Moyen-Âge. J’ai remarqué que plusieurs de ces routes partaient de Grande Bretagne, notamment de Londres.
J’ai donc décidé de marcher jusqu’à Portsmouth et de prendre le Ferry traversant la Manche et qui me déposera au port de Saint-Malo. Je n’ai jamais vu la Bretagne ni la Normandie et j’aimerais visiter le Mont Saint-Michel au moins une fois dans ma vie (en fait, ça sera bien la seule fois que je le visiterai probablement!). De là, j’ai su qu’un train fait le trajet jusqu’à Paris alors je compte me rendre à la ville lumière de cette façon.
J’estime que, pour cette première étape, environs cinq jours seront nécessaires. Tout d’abord, pour marcher de Londres à Portsmouth et ensuite, pour me donner le temps de bien visiter autour de Saint-Malo.
Je compte passer deux ou trois jours à Paris. J’ai entendu dire que la ville a beaucoup changé depuis quelques années et que malheureusement, il n’y fait plus aussi bon vivre qu’avant. J’ai réservé une chambre au Mariott Champs Élysées pour deux nuits. Ça sera probablement le seul temps où je pourrai profiter d’un peu de luxe avant mon périple.
Ensuite, je compte reprendre le train vers Sermizelle et marcher les deux heures de distance qui me sépareront de Vézelay. C’est à partir de cet endroit que je débuterai officiellement mon pèlerinage en sol français.
Je compte environs deux mois de marche pour me rendre jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port.
De Saint-Jean-Pied-de-Port, je prendrai le Camino Frances jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle. J’ai calculé un mois de marche pour cette étape.
De Compostelle, je compte prendre un autobus qui m’emmènera vers la frontière Italienne, à Gênes pour être plus précis. La route de Gênes à Rome est appelée la Via Francigena. Il semblerait qu’elle ne soit pas encore officiellement homologuée par l’UNESCO mais quelques pèlerins l’empruntent de temps en temps en sens inverse, vers Compostelle. Je serai probablement le seul à marcher vers le Vatican mais il y a de bonnes chances que je croise quelques bonnes âmes de temps en temps.
J’ai calculé un mois et demie de marche vers cette dernière étape.
Arrivé à Rome, je compte me rendre tout de suite au Vatican, si les heures d’ouverture le permettent. Je ne veux surtout pas rater cette unique chance d’offrir ma prière à la Basilique, moi qui l’aurai portée pendant tout ce temps. Je visiterai Rome et ses merveilles les jours suivants pour ensuite reprendre l’avion en direction de Londres.
J’ai enfin reçu aujourd’hui mon visa pour le Vatican. J’ai donc officiellement l’autorisation d’entrer dans la cité.
Ce bout de papier m’a donné des ailes ce matin! J’ai décidé que je partirai la semaine prochaine, soit le 12 mai. Cela me laisse une semaine pour parler à mes enfants, mettre de l’ordre dans mes papiers et annoncer à ma femme de ménage qu’elle pourra prendre un long congé estival cette année.
L’association des pèlerins de Compostelle m’a suggéré d’assister à une conférence mercredi soir de cette semaine mais je ne sais pas si je m’y rendrai… S’asseoir pendant deux heures pour entendre quelqu’un parler de son expérience, je n’ai plus vraiment la patience requise. De plus, il semblerait que ce voyage m’appartienne totalement , qu’il soit mon moment à moi: je ne vois pas en quoi son récit de voyage peut m’apporter quoi que ce soit, puisque peut-être que nous n’en tirerons aucune conclusion semblable en bout de ligne.
Sur ce, je ne sais trop quoi écrire d’autre : je continue mes marches matinales, parfois, lorsque je n’ai pas trop d’étourdissements dus à mon infernal mélange de médicaments, j’en fais une en après-midi alors que le soleil est à son zénith, question de m’habituer à l’exercice sous différentes conditions climatiques. Marcher dans la pluie, je n’ai pas trop de difficultés : vivant en Angleterre, la pluie fait presque partie de ma vie de tous les jours mais je sais que je risque d’avoir plus de difficultés sous la chaleur pesante.
Je me sens comme un gamin sachant que la fin d’année scolaire approche!

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